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Pour une éducation populaire d’auto-défense et d’auto-organisation

Les #GiletsJaunes sont le résultat de la crise de la représentation sociale des classes populaires.Tribune d'un…

Publiée par Pour une éducation populaire d'auto-défense et d'auto-organisation sur Mercredi 21 novembre 2018

Zad NDDL

Texte signé de Pierre Dardot et Christian Laval, auteurs, notamment, des livres :

– Commun

– Ce cauchemar qui n’en finit pas

Non à la violence de l’Etat contre les communs !

Il ne faut pas s’y tromper : la destruction de la ferme des « cents noms » dès la première journée d’assaut contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes est une véritable déclaration de guerre sociale et politique. En effet la destruction de ce lieu ne s’imposait nullement au regard des critères invoqués par le gouvernement dans sa « communication ». Nicole Klein, préfète des pays de Loire, justifie l’opération policière en prétendant que les « cents noms » n’avaient pas déposé de projet agricole. Ce qui est de toute évidence faux : les habitants de cette ferme étaient porteurs d’un projet agricole alternatif et certains d’entre eux avaient déposé une demande de régularisation.

Quelle est la véritable raison de cette rage destructrice ? Ce n’est pas l’absence de projet, c’est la nature des projets qui est en cause. Ce que ne supportent pas l’Etat et ses représentants c’est que s’expérimentent depuis 10 ans des formes de vie qui préfigurent ici et maintenant ce que pourrait être une société libérée de l’emprise de la logique propriétaire sous toutes ses formes. De ce point de vue, il est de la plus haute valeur symbolique que les habitants et défenseurs de la zone aient proposé dès le début que l’Assemblée des usages prenne en charge la gestion collective des terres et des espaces. Cette solution présentait l’avantage de prolonger directement l’expérience initiée et poursuivie durant tant d’années : faire prévaloir la logique de l’usage commun, qui est une logique de soin et d’entretien, sur la logique propriétaire, qui est une logique destructrice et mortifère.

L’Etat apparaît ici sous son vrai visage : il n’est pas simplement le garant de la propriété privée, il est lui-même soumis de fond en comble à la logique propriétaire, il est l’Etat propriétaire en guerre contre les communs. Il faut lui faire échec coûte que coûte pour préserver le trésor menacé des communs.