Tous les ans aux alentours du 10 février Budapest devient le lieu d'un rassemblement de commémoration néonazie. La ville est alors mise sous tension.
En effet, d’un côté, des milliers de néonazis se retrouvent pour commémorer l’alliance entre soldats nazis et combattants hongrois lors du siège de Budapest de l’hiver 1945.
De l’autre, des militant-es antifascistes venu-es de toute l’Europe manifestent contre le rassemblement d’extrême droite.
En 2023, la répression du mouvement antifasciste a connu son point d'orgue. Du 9 au 11 février, une série d’attaques contre des néonazis a lieu aux quatre coins de la ville, avec neuf personnes blessées. Dans la foulée, le gouvernement hongrois de Viktor Orban s’est lancé dans une chasse à l’homme contre les résistant-es antifascistes à travers tout le continent.
Comme vous allez l’entendre dans cet entretien, Gino est accusé par la Hongrie, comme une dizaine d’autres personnes, d’avoir « brutalement attaqué des néonazis » en février 2023, ce dont il se défend.
La Hongrie avait en effet émis un mandat d’arrêt européen contre lui en novembre 2023. Un outil de répression extrêmement puissant et parfois utilisé abusivement comme c'est le cas dans cette affaire.
Arrêté à Paris en novembre 2024, « Gino », qui encourt tout de même 24 ans de prison en Hongrie, avait été emprisonné 4 mois puis remis en liberté sous contrôle judiciaire le 26 mars 2025. C’est notamment sur la question des conditions de détention que cette dernière a estimé que la Hongrie risquait de violer la Convention européenne des droits de l’homme. Des soupçons fondés, comme vous allez l'entendre.
En refusant, de remettre à la Hongrie le militant antifasciste Rexhino Abazaj, dit « Gino », invoquant « des risques » d’un « traitement inhumain » en prison et l’incertitude qu’un procès équitable lui soit garanti, la justice française a évité à Gino de subir le sort de celles et ceux qui ont été emprisonnés et extradés, victimes de torture blanche, comme c'est le cas pour Maja qui est allemande et dont l'extradition nocturne brutale contrevenait à l'avis initial posé par le tribunal allemand qui l'avait jugée.
Comme les meilleurs explications viennent des personnes concernées, cet entretien et là pour entendre Gino et des membres du collectif Budapest nous raconter.
Restons uni-es, vigilant-es et solidaires face à la montée des extrêmes droites car les dérives courent à grand pas.
Pour creuser et lutter :
Photo : Daniel Olah